Histoire de changer un peu, l’article qui suit est totalement emprunt de nostalgie. Parce que j’arrive à un âge on l’on commence à regarder derrière soit pour voir le chemin parcouru, mais aussi parce que l’on souhaite dépoussiérer un peu les bons moments rangés sur les étagères de notre mémoire.
Parfois, sans réelle raison, le désir de réaliser quelque chose après m’être remémoré un souvenir me prend. Cette fois, c’est en allant à la déchetterie que j’ai repéré un vieux PC, dont le boîtier m’a immédiatement rappelé celui que j’utilisais au début des années 2000. Dès cet instant, l’image impérissable des LAN party que je faisais avec les copains à refait surface. Ni une ni deux, j’ai embarqué cette trouvaille dans mon coffre, une idée déjà bien ancrée en tête : Dénicher une dizaine d’autres machines de la même génération et organiser une soirée LAN pour mes 50 ans.
De retour chez moi, j’ai commencé par nettoyer cette presque relique. L’intérieur n’était pas dans un état catastrophique, mais la poussière s’y était tout de même bien accumulée. Sans y avoir mis de grands espoirs, après l’avoir branché, ce fut la bonne surprise : Il s’allume et démarre sous Windows XP. Des sessions utilisateurs existaient, mais comme je n’avais pas spécialement envie d’être curieux, je me suis contenté de ça.
A l’aide d’un autre ordinateur et après avoir récupéré des disquettes 3.5″ et quelques CD vierges, j’ai gravé une ISO de Windows XP SP3 afin de repartir sur quelque chose de propre. J’ai d’abord songé à refaire cette installation en utilisant une clef USB bootable, mais la carte mère, une ASUS A7N8X-X (le même modèle que je possédais à l’époque), ne permet pas de booter sur ce support.

L’installation de l’OS terminée, j’ai souhaité, pour le fun, réinstaller quelques logiciels emblématiques de cette époque. Pour ça, j’ai fouillé sur le site OldVersion qui est une véritable mine d’or. Côté pilotes, ces derniers restent facilement accessibles, que ce soit sur les sites des fabricants ou sur des plateformes dédiées comme TousLesDrivers. J’en ai également profité pour télécharger la dernière version du BIOS de la carte mère, qui, comble de l’authenticité, ne pouvait être flashé qu’avec… une disquette !

Parce qu’à l’époque c’était mon jeu favori, j’ai optimisé un peu le hardware, en commençant par la carte graphique : Une GeForce FX 5700LE avec 256 Mo de mémoire. Il y a vingt ans, modifier le BIOS était presque un jeu d’enfant. Après quelques essais d’overclocking et en m’appuyant sur les retours d’expérience de certains forumeurs de l’époque, j’ai retouché et flashé le BIOS de la carte. Résultat : les fréquences d’origine, 250 MHz pour le GPU et 200 MHz pour la RAM (soit 400 MHz en DDR), ont été poussées à 435 MHz pour le GPU et 225 MHz pour la RAM (donc 450 MHz en DDR).
Après deux benchmarks sous 3DMARK03, quelques parties de Re-Volt et sans constater la moindre surchauffe de la carte graphique, j’ai décidé de conserver ces fréquences.



Le reste de cette configuration est relativement classique pour cette période, puisque ce vieux PC est équipé d’un Athlon XP 2800+ ainsi que d’une barrette de 1Go de DDR PC 3200 à 400Mhz. Avec ce genre de configuration, aucun souci à prévoir pour les jeux que je veux faire tourner dessus.
Le seul problème s’il en est un, c’est que sur Windows XP, il n’est plus possible de trouver un navigateur Internet opérationnel. J’ai eu beau fouiller et chercher une solution, rien n’y fit. Tout se fera donc obligatoirement hors ligne. Une clef USB est donc obligatoire pour transférer les logiciels, à moins de passer par le réseau local.
Pour chacune des machines, je crée donc un dossier avec à l’intérieur l’ensemble des drivers nécessaires. En parallèle, deux autres dossiers me servent à archiver les divers logiciels utilisés ainsi que les jeux avec leurs mises à jour. Le tout sauvegardé sur plusieurs disques dur pour… au cas où.

Au fin fond de ma cave et sur mon splendide bureau dédié au bricolage, il a fière allure ce vieux PC non ? Je vais maintenant devoir prendre un abonnement à la déchetterie, écumer les sites d’annonces et faire jouer le bouche à oreille pour en dégotter d’autres si je veux concrétiser mon envie de refaire une LAN à domicile. Heureusement pour moi, ce genre de bécane n’a plus aucune valeur et se dégotte pour une bouchée de pain, quand on ne vous la donne tout simplement pas

Au début des années 2000, le câble management était un concept que tout le monde ignorait. Alors, parce que les choses étaient ainsi et parce que dans ce genre de boitier faire du rangement est pratiquement impossible, je vais laisser ce joyeux fouillis en l’état. Et puis avouons-le… les nappes IDE, ça a autrement plus de gueule que les câbles SATA non ?
Ce petit caprice ne devrait pas être bien compliqué à réaliser. Que de bons souvenirs que ces LAN party, avec les bières et les pizzas en équilibre sur un coin de table, les coups bas sur Counter Strike et les alliances de dernière minutes. Même le temps passé à monter le réseau local (d’abord en câble BNC, puis, quelques années plus tard, en RJ45) et à s’arracher les cheveux lorsqu’une carte réseau nous lâchait, est encore aujourd’hui un bon souvenir.
Il n’y a rien de mieux que de pouvoir jouer au même jeu, ensemble et au même endroit. La saveur n’est vraiment pas la même que lorsque chacun est chez soi à discuter sur Discord. C’est cette convivialité qui me manque aujourd’hui. Passer d’une bande de potes à une bande passante est une révolution qui isole beaucoup. C’est sans doute pour ça que je ne joue plus en ligne depuis bien longtemps…
Je sais pertinemment que ce genre de désir épris d’une nostalgie soudaine n’a pas grand sens. Je sais aussi que lorsque j’aurais réuni tout ce qu’il me faut et passé des dizaines d’heures à tout refaire, ce montage ne servira que le temps d’un week-end, voire d’une seule nuit. Mais à l’approche de la cinquantaine, on a parfois besoin de se sentir à nouveau jeune et de revivre des instants qui nous ont marqué. C’est une façon comme une autre de lutter, vainement, contre l’inéluctable passage du temps.
J’ajoute en fin d’article ces deux vieux PC que je viens de récupérer et auxquels j’ai déjà fait subir une cure de jouvence. Deux autres vont bientôt les rejoindre. A mon grand étonnement, il est relativement facile d’en trouver en don. Je ne m’en plaindrais pas !

Je vous donne donc rendez-vous dans trois ans, pour partager avec vous quelques photos de cette soirée qui se nommera « L’Empire du Bas Débit » !


